Stéphane Vial

Portrait de Stephane Vial

Chronique d'une conférence
“ Naî(ê)tre au monde à l’ère numérique ”

Qui est Stéphane Vial ?

Un philosophe spécialisé dans la recherche en design et l’analyse de technologies numériques. Il est également enseignant-chercheur et maître de conférences.

Ce site s’intéresse à la conférence “Naî(ê)tre au monde à l’ère numérique” qui est une bonne introduction à son livre “L’être et l’écran.”

stephane-vial.net

À propos de la conférence

Elle explique comment le numérique s’est introduit dans notre vie de tous les jours et comment on le perçoit. Il va démontrer que l’être humain s’adapte au numérique comme il s’est adapté aux nouvelles technologies par le passé.

"Naî(ê)tre au monde à l'ère numérique"

La philosophie du Numérique

Dans cette conférence, Stéphane Vial introduit la notion de numérique non pas comme un instrument mais plutôt comme une culture, une matière créative ou encore un levier d’humanisation.

Il associe le numérique à l’humain au lieu des les opposer.

Pour ce faire, il aborde 4 termes philosophiques qui expliquent comment le numérique va humaniser le monde. La phénoménologie, c’est notre perception avec notre expérience vécue.

La phénoménotechnique, est la faculté de faire apparaître un phénomène avec des techniques.

La phénoménalité, c’est la faculté d’apparaître comme réel.

Et l’Ontophanie : est la capacité pour un être de paraître.

Réflexion par rapport aux techniques et à la perception de celles-ci

Quels sont les différents milieux techniques auxquels l’homme a dû s’adapter par le passé ? Le moulin à eau pendant la Renaissance est l’exemple donné pour la technologie qui était encore proche avec la nature. (bois et eau)

Ensuite, Germinal est l’exemple pour la première Révolution industrielle : charbon, métal, chemin de fer.

L’homme à découvert l’électricité et le moteur à explosion durant la 2 ème révolution industrielle.

Finalement, l’outil informatique a permis d’accéder au monde numérique actuel.

En fonction des techniques dominantes du moment nous n’avons pas la même perception des choses. Nous vivons des expériences différentes selon chaque technologie. Par exemple, une bougie comparée à une ampoule dont le but est identique mais dont la perception est différente.

Technological Natives

Aujourd’hui on est environné d’appareils numériques systémiques, c’est-à-dire qui se retrouvent partout. Nous avons dû nous adapter à ces nouvelles technologies mais en quelque sorte nous sommes tous des natifs d’une technologie particulière. Chaque génération réapprend le monde et renégocie son rapport au réel à l’aide des dispositifs techniques dont elle dispose dans son contexte socioculturel. Natifs du chemin de fer, du téléphone, de la télévision, du numérique.

Être c’est technaître

L’ontophanie Numérique

Personne sur son téléphone

Les systèmes informatiques ont bien évolués : on est passé de gros systèmes utilisés par les entreprises à l’ordinateur puis le portable, les tablettes, smartphone, objet connecté, imprimantes 3D,...

Ces nouvelles technologies ont induit des perceptions nouvelles qui ont créer un traumatisme.

On parle de Dualisme de l’ère informatique car tout ce qui se passe dans la vie est considéré comme “réel” et tout ce qui se passe via le numérique est “virtuel”.

1 univers réel c’est-à-dire physique, hors ligne, hors écran 1 univers virtuel c’est-à-dire numérique, en ligne, sur écran

Or, on s’est habitué à toutes ces technologies depuis 25 ans à travers internet, les réseaux sociaux, les blogs, les forums et ce qu’on appelait virtuel est devenu réel. On a appris à considérer comme réel ce qui se passe dans l’écran. Aujourd’hui le dualisme numérique n’existe plus et on vit dans l’ontophanie numérique, sauf pour ceux qui ont décidé d’ignorer ces nouvelles technologies.

Il faut en finir avec cette notion de virtuel.
Le virtuel est mort vive le numérique!

Une des caractéristiques de l’ontophanie numérique est la réversibilité : en effet, cette particularité est surnaturelle car dans la vie réelle tout est irréversible. Cela montre que ces objets techniques nous envoient des objets continus qui modifient notre façon de percevoir les choses par exemple dire “maman ctrl Z!” après avoir fait une bêtise.

Photos de divers écrans

Touche pas à mon Ontophanie !

Quelques situations d'usage

Ontophanie de l’écoute

L’humain a tendance à juger rapidement l’écoute de l’autre. Il ne se sent pas entendu et c’est un tort car on peut avoir l’air distrait sans l’être : Quelqu’un qui utilise son smartphone pendant un exposé peut en réalité être attentif et utiliser cet objet pour rechercherla signification d’un mot prononcé dans l’exposé.

Ontophanie de la lecture

Comment savoir si une personne sur son smartphone n’est pas tout simplement en train de lire un livre? L’humain à tendance à réduire tout ce qui se fait sur un écran. La preuve avec les articles alarmants tels que “Les jeunes de nos jours passent autant de centaines d’heures sur les écrans” mais lire un livre paraît plus naturel et moins inquiétant. Les appareils numériques étant nouveaux et brutalisants on a tendance à traumatiser.

Ontophanie de la prise de notes

Lorsque quelqu’un prend des notes sur un smartphone on pense tout de suite qu’il fait autre chose. Pourtant c’est un bloc note très pratique, que l’on a toujours avec soi. Pourquoi, le fait de prendre un smartphone est toujours considéré comme le fait d’être distrait?

Ontophanie de l’écriture

Les humains ont des jugements phénoménologiques hâtifs qui deviennent très vite des jugements moraux. Le fait d’écrire sur du papier manifesterait, pour eux, plus l’acte de pensée que si l’on écrit sur un clavier. Ce n’est plus du tracé, mais de la frappe. Pour eux cela inclut que l’on va perdre la compréhension à l’écriture. Ce qui est faux. L’oral n’a pas disparu avec l’écriture. L’imprimé ne disparaîtra pas avec les écrans. Les choses se reconfigureront d’elles-même.

Ontophanie d’autrui

On aurait tendance à qualifier comme irréel ce qui se passe sur écran. Pourtant lors d’interactivité avec autrui les conversations sont bien réelles. La présence se manifeste autrement, il y a des degrés d’intensité perceptif différents et le face à face demeurera bien évidemment l’anthophanie le plus puissant en terme perceptifs. Mais ce qui se passe en ligne avec les réseaux sociaux, imessage, etc peuvent faire vivre des choses puissantes. Il y a eu d’autres nouveautés ontophaniques dans le passé. Le retour du téléphone par exemple qui était très controversé lui aussi.

la grand-mère n’a pas voulu elle détestait cette manière de : se parler sans se voir   Comtesse de Pange. Comment j’ai vu 1900.

La factitivité Numérique 

La preuve par le Design

Le design nous fais percevoir plusieurs dimensions sur l’acte d’apparaître. C’est une phénoménologie appliquée. Par exemple, le vase d’un musée qui se met à parler pour donner des informations sur l’oeuvre. Un smartphone qui, au contact du papier, va faire apparaître des éléments d’un jeu sur la carte. Le pupp’art "faisons bouger les oeuvres" qui reprennent la gestuelle du visiteur pour animer l’oeuvre en temps réel, … 

Il y a plein d’autres exemples dans le genre. Ce que l’on peut en retirer c’est que peu à peu avec les appareils mobiles et nomades on va se retrouver face à face en se servant des écrans comme tableau de jeu. Mais pas seulement. Les formations vont aussi faire entrer ces nouvelles technologies dans le but d’apprendre. L’école de demain impliquera les élèves pour les inciter à bouger, parler, agir à l’aide de ces technologies au lieu d’être assis et d’écouter en se taisant.

Personne sur son macbook

Conclusion

Il y a deux idées principales que Stéphane Vial transmet via cette conférence. La première est son affirmation lorsqu’il dit que le monde numérique est réel ainsi que toutes les interactions que l’on effectue chaque jour. Le numérique a pris une place importante dans nos vies.

La seconde idée est que l’homme s’adapte à son milieu, il s’est souvent adapté par le passé et s’adaptera encore à l’avenir aux nouvelles technologies auxquelles il devra faire face. Le monde est en perpétuel évolution, renouvellement. Il est donc naturel que l’homme soit confronté à de nouvelles technologies.